Depuis septembre 2004, Renault vaut autant sinon plus
que General Motors en Bourse. On mesure le caractère symbolique
de cette situation où l’ancien fleuron du capitalisme public
à la française vient dépasser le leader de l’industrie
automobile mondiale sur son propre terrain : la valorisation du cours
de l’action. Certes le taux de change actuellement très
élevé de l’euro par rapport au dollar américain
explique en partie cette situation car au taux de conversion unitaire
(un euro = un dollar), la capitalisation boursière de GM resterait
supérieure.
Il n’empêche que l’actuelle situation révèle
les transformations profondes du constructeur français, aussi
bien sur le plan financier que sur le plan industriel. Le désengagement
de l’Etat a permis aux dirigeants de Renault de créer de
la valeur pour l’actionnaire en développant une stratégie
d’internationalisation qui semble particulièrement efficace
: le redressement spectaculaire de Nissan en est probablement le principal
vecteur. Une grande partie de la valorisation de l’action de Renault
résulte de la montée de la valeur du titre de Nissan détenu
à 44,4% par le constructeur français. La belle réussite
industrielle de la voiture à 5000 euros produite par Dacia en
Roumanie et qui sera importée dans l’Union Européenne
confirme le développement de compétences spécifiques
en matière de gestion des coopérations internationales.
Dans un contexte où de multiples voix suggèrent un déclin
de l’industrie française, voire européenne, ceci
incite à un examen plus précis et rigoureux des réussites
et des échecs. La grille d’analyse du GERPISA en termes
de modèle productif aiderait certainement à dépasser
les idées toutes faites.