LA LETTRE DU GERPISA
Numéro 184 (Mai 2005)


Editorial

Yannick Lung

 

Rover : La fin de certaines illusions



Si la déconfiture de Rover n’est pas une surprise, elle sonne le glas de certaines illusions dont on relèvera quelques unes, notamment celles que véhicule une représentation des dites « bonnes pratiques » dans le capitalisme contemporain :

  • il ne suffit pas de démultiplier les alliances pour résister dans une industrie mondialisée où les effets de dimension sont essentiels. Une base productive consolidée propre est indispensable et il n’y a pas de place pour la « firme creuse » (hollow corporation) car courir après tous les partenaires éventuels ne résout rien ;
  • la gestion de Rover par les formes les plus modernes du capitalisme semble avoir enrichi certains, pas la communauté ;
  • économie exemplaire du capitalisme anglo-saxon en Europe, la Grande-Bretagne perd son dernier fleuron indépendant et l’industrie automobile britannique est entièrement contrôlée par les multinationales étrangères.

Si l’on se tourne du côté nord-américain, Chrysler étant passé sous le contrôle de Daimler, il ne reste plus que General Motors et Ford qui sont confrontés actuellement à de sérieuses difficultés. Il semble que s’il est favorable aux biotechnologies ou aux TIC, le capitalisme libéral de marché ou capitalisme anglo-saxon ne soit pas aujourd’hui un environnement institutionnel propice à l’industrie automobile. Quel contraste avec la vigueur retrouvée des constructeurs fleurons du capitalisme asiatique parfois qualifié de méso-corporatiste, qu’ils soient japonais, coréens et maintenant chinois !

S’agit-il d’un effet conjoncturel ou du jeu des contraintes structurelles ? Sont-ce les nouvelles configurations de l’industrie automobile qui s’accordent mieux avec les formes institutionnelles qui caractérisent ces économies ou bien les stratégies de profit mises en œuvre par les constructeurs qui sont en phase avec les opportunités offertes ?

C’est à apporter des éléments de réponse à ce type de questions qu’est consacrée le quatrième programme de recherche international du GERPISA et dont nous discuterons lors des débats de la prochaine rencontre en juin à Paris.



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La Lettre du GERPISA n°184

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