Si la déconfiture de Rover n’est
pas une surprise, elle sonne le glas de certaines illusions
dont on relèvera quelques unes, notamment celles que
véhicule une représentation des dites «
bonnes pratiques » dans le capitalisme contemporain :
-
il ne suffit pas de démultiplier
les alliances pour résister dans une industrie mondialisée
où les effets de dimension sont essentiels. Une base
productive consolidée propre est indispensable et
il n’y a pas de place pour la « firme creuse
» (hollow corporation) car courir après tous
les partenaires éventuels ne résout rien ;
-
la gestion de Rover par les formes les
plus modernes du capitalisme semble avoir enrichi certains,
pas la communauté ;
-
économie exemplaire du capitalisme
anglo-saxon en Europe, la Grande-Bretagne perd son dernier
fleuron indépendant et l’industrie automobile
britannique est entièrement contrôlée
par les multinationales étrangères.
Si l’on se tourne du côté
nord-américain, Chrysler étant passé sous
le contrôle de Daimler, il ne reste plus que General Motors
et Ford qui sont confrontés actuellement à de
sérieuses difficultés. Il semble que s’il
est favorable aux biotechnologies ou aux TIC, le capitalisme
libéral de marché ou capitalisme anglo-saxon ne
soit pas aujourd’hui un environnement institutionnel propice
à l’industrie automobile. Quel contraste avec la
vigueur retrouvée des constructeurs fleurons du capitalisme
asiatique parfois qualifié de méso-corporatiste,
qu’ils soient japonais, coréens et maintenant chinois
!
S’agit-il d’un effet conjoncturel
ou du jeu des contraintes structurelles ? Sont-ce les nouvelles
configurations de l’industrie automobile qui s’accordent
mieux avec les formes institutionnelles qui caractérisent
ces économies ou bien les stratégies de profit
mises en œuvre par les constructeurs qui sont en phase
avec les opportunités offertes ?
C’est à apporter des éléments
de réponse à ce type de questions qu’est
consacrée le quatrième programme de recherche
international du GERPISA et dont nous discuterons lors des débats
de la prochaine rencontre en juin à Paris.