Les difficultés s'accumulent dans l'industrie
automobile avec des mises en faillite ou l'annonce fréquente
de plans de redressement comportant des mesures radicales (fermetures
d'usine, licenciements; etc.). Ces derniers mois ont été
notamment marqués par la faillite de Rover en Europe
et les décisions douloureuses de GM en Amérique
du nord sans oublier le cas emblématique de Delphi dans
l'industrie équipementière. D'autres constructeurs
automobiles devraient annoncer en 2006 des mesures d'économies
coûteuses au plan social (fermetures de sites, réductions
d'emploi, pertes d'avantages), qu'il s'agisse aux Etats-Unis
de Ford et en Europe du groupe Mercedes (y compris Smart) ou
de Renault.
Une grande partie de ces difficultés
étaient prévisibles, qu'il s'agisse de la montée
des dépenses liées au financement de la retraite
aux Etats-Unis, de l'entrée de nouveaux concurrents sur
certaines niches très profitables (large pick-pup pour
les constructeurs US, monospace pour Renault). Pourtant, toutes
les firmes ne sont pas concernées au même niveau.
Certes l'importance de la conjoncture sur le
niveau de profitabilité des firmes automobiles conduit
à une certaine convergence au sein des mêmes régions
où plusieurs entreprises sont simultanément concernées
par des difficultés, mais il subsiste des différences
importantes dans les trajectoires au sein d'un même environnement,
ce qui interdit d'incriminer les facteurs institutionnels (comme
la question de la flexibilité du travail). C'est dans
l'articulation entre la stratégie des firmes et leur
environnement institutionnel qu'il convient de penser la diversité
des configurations.
2006 sera une nouvelle année où
les membres du GERPISA s'efforceront de travailler sur cette
articulation. Meilleurs vœux à toutes et à
tous.