Quel avenir pour le petit véhicule soutenable et abordable après les mesures du Paquet automobile européen?

Type de publication:

Compte Rendu / Report

Source:

Compte rendu de la journée du Gerpisa , Number 290, CCFA (2026)

Notes:

Laurent Perron, The Shift Project
Marc Alochet, Ecole Polytechnique
Bruno Bourdon, Movin'On

Texte complet:

Compte-rendu 

Résumé rapide des interventions

Intervention de Marc Alochet, École Polytechnique

Le VESA est un projet politique initialement :

  • Adapter la réglementation en faveur du VESA (facteur multiplicateur CAFE, moratoire de 5ans, désévérisation du cadre réglementaire)
  • Mise en place d’un cadre financier favorisant la chaine de valeur (utilisation des IPCEI, production credits)
  • Mise en place d’un Eco Score européen (obligation des États de communiquer entre eux, élément d’influence sur la manière de définir les véhicules, etc.)
  • Boîte à outils européenne pour les États, régions et communautés urbaine

Conclusion

  • Électrification du segment A
  • Prix de vente autour de 15,000€
  • Retour de la compétitivité dans les segments A et B (vis-à-vis de la Chine)

 

Intervention de Laurent Perron, Shift Project

  • Le VESA répond initialement à un trou dans l’offre, entre les vélos électriques et les véhicules électriques lourds.
  • Pour le Shift Project, le terme, ‘citadine’ n’est pas adapté pour parler du VESA, qui est adapté aux zones péri-urbaine.
  • Selon le Shift Project, c’est le seul moyen de produire des électriques abordables, et également de sortir de la dépendance au pétrole le plus rapidement possible (de moins en moins en Europe).
  • Une thermique en cycle de vie complet émet 40t, c’est trois fois moins pour une électrique.

 

Questions-Réponses

Question : Le VESA doit-il être intégré à une nouvelle catégorie ?

Bruno Bourdon : Le narratif de la Commission européenne est actuellement en faveur des petites voitures. Cela représente quelque chose de positif. Cette nouvelle catégorie proposée est assortie d’une définition relativement claire (limite de 4,2m). Les incitations de supercrédits devraient également inciter les constructeurs à développer ces véhicules. Les incitations d’usage sont également positives.

Cependant, la question du gabarit reste problématique (4,2m). L’accessibilité reste également problématique car ce type de voitures restent relativement chères. Movin’On propose de remplacer ces critères de taille par des critères de masse. Les acteurs de la filière devraient réussir à parler d’une voix commune. Les milieux de la recherche devraient également mettre en avant les avantages en termes de création d’emploi pour cette nouvelle catégorie de véhicule. L’un des freins, qui reste la question de la sécurité, devrait également être abordée de manière systémique. Le VESA répondant à la réglementation GSR2, la sécurité est garantie.

Question : Le rôle des constructeurs ? Quel est le raisonnement des constructeurs ?

Marc Alochet : Vu de l’extérieur, la définition de cette nouvelle catégorie reste très floue. La position initiale de Luca de Meo était celle du dialogue. Au second semestre de 2024, son discours était négatif.

L’intérêt court-termiste des constructeurs influe de manière importante leur décision et ne changera pas forcément la dynamique du marché à plus long terme. Les constructeurs et les équipementiers sont loin d’être alignés et, à l’heure actuelle, le Green Deal est remis en question.

La question actuelle est de réaligner des acteurs sur les objectifs à long terme : le climat. Il faut continuer à porter le message de l’importance de ce véhicule, toutefois, l’alignement des acteurs de la filière reste un élément crucial qu’il faut réussir à résoudre.

 

Question : Comment réaligner les positions des acteurs de la filière ?

Laurent Perron : Malgré le manque de coalition, il reste des enjeux communs : comment retrouver un marché du VN cohérent, comment remplir les usines, accélérer le renouvellement du parc avec des véhicules décarbonés.

Aujourd’hui, un autre élément positif est le fait que le sujet du petit véhicule électrique et abordable est désormais présent dans le débat public.

 

Question : La question de la Chine n’a pas été abordée, le temps n’a pas non plus été abordé ? On parle aujourd’hui de normes qui n’existent pas encore. La CE ne connaît pas la catégorie L7 ?  Il faudrait également des aides pour cette catégorie, qui n'est pas éligible actuellement.

Laurent Perron : Il faudrait regarder le système économique complet pour essayer de respecter ces objectifs climatiques. La question est d’aller vite à grande échelle, mutualiser les modes de production, travailler sur des plateformes d’innovation, etc. Le problème se trouve au niveau de la réglementation.

Question : Y-a-t-il à l’heure actuelle des entreprises en France et en Europe qui fabriquent ces véhicules en générant des profits ? Quelle valeur ajoutée européenne ? Peut-on envisager que de nouvelles entreprises européennes (petits producteurs) voient le jour pour fabriquer ces véhicules ? Est-ce faisable sur le plan technologique et économique ? Comment les kei cars sont-elles produites et sont-elles rentables ?

Tommaso Pardi : L’avantage des kei cars est que ce marché est protégé. Luca de Meo avait proposé l’idée d’un airbus. Le VESA pourrait être une plateforme européenne commune sur laquelle les principaux constructeurs européens pourraient collaborer. Le coût fiscal des kei cars, est trois fois plus faible que celui des autres véhicules.

Marc Alochet : Un modèle de constructeur en particulier, Toyota, montre qu’il est possible de générer des profits en produisant des petites voitures sur le sol européen. Toutefois, cela n’est pas vrai pour les véhicules de catégories L7. Il faudrait des facteurs structurants, des leviers industriels qui permettraient de rendre cette production rentable, tout en répondant aux autres critères : accessibilité, etc. La question est de trouver un écosystème industriel permettant à ces constructeurs de réaliser des profits à échelle industrielle.

CFDT :  Le CFDT est convaincu que le VESA représente l’avenir de l’industrie automobile en Europe. Cependant, l’attente d’une définition claire reste un frein. On constate que l’évolution de la définition du VESA s’éloigne de l’objectif initial de celui-ci.

Bernard Julien : Une question se pose : les constructeurs veulent-ils encore des volumes ? L’évolution de Renault semble montrer que ce dernier ne veut plus de volumes. Le cap pris par l’industrie automobile européenne donne l’impression d’un regret de la perte des volumes, sans que des stratégies soient mises en place pour essayer de regagner ces volumes. L’ACEA ne semble pas prêter attention aux volumes non plus. Cela se confirme par la demande de flexibilité sur 2025-27 et par la proposition de 4,2m pour un VESA.

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