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La transition vers l’électrique : quelles solutions pour les ménages modestes - Compte rendu - Séminaire du Gerpisa – Vendredi 13 mars
Submitted by Alexandra Kuyo, Sorbonne Université ENS Paris-Saclay on Mon, 03/30/2026 - 15:48
Publication Type:
Compte Rendu / ReportAuthors:
Alexandra KuyoSource:
Compte rendu de la journée du Gerpisa , Number 291, CCFA (2026)Notes:
Stéphane Vaquero
Full Text:
Séminaire du Gerpisa – Vendredi 13 mars
« La transition vers l’électrique : quelles solutions pour les ménages modestes » ?
Problématique du projet : L'objectif de la recherche MOTEURS est de comprendre les conséquences des transformations technologiques liées à l'automobile (électrification du parc, complexification technique) sur le rapport que les ménages modestes entretiennent avec leur(s) voiture(s).
L’approche de l’enquête est essentiellement qualitative.
L’objectif est de comprendre les pratiques domestiques et d’enrichir les logiques de rationalité par des logiques ethno-comptables.
« Rouler avec sa voiture dans les classes populaires rurales »
Il s’agit de comprendre essentiellement quel est le rapport des usagers sur la transition écologique.
Le travail a été réalisé sur des voitures usagées.
Cas analysés :
- Budgétaires : Rapport à la planification budgétaire
- Matériel : distinguer des types de ménages
- Relationnel : Conseils, pratiques, échanges et discussions autour de la voiture, modes relationnels changent en raison de la nature du bien acheté
- Symbolique : catégories de jugement : ce qui est valorisé dans le fait d’avoir une voiture récente ou pas,
- S’extraire des contraintes de la consommation : rapport aux institutions, etc.
Un premier cas de figure est celui de Juliette 30 ans, anciennement urbaine, qui affirme qu’il faut trois véhicules pour se déplacer à Vessaye.
Elle affirme également que l’effet de lieu y est fort : elle change de véhicule pour se positionner dans la sociabilité locale (se sentant comme une bourgeoise avec sa 108).
Dans les communes rurales, on a deux fois plus de chances de voir des ménages avec plus de trois véhicules (Insee).
Autre cas de figure, un artisan qui est obligé de conduire une voiture plus ancienne pour les tournées de pains.
Quelques pistes :
- Penser les classes populaires dans leur hétérogénéité de styles de vie : celles-ci ne disposent pas des mêmes politiques d’accès aux VE selon les ressources éco mais aussi sociales, symboliques, et relationnelles.
- Penser les modalités d’usages et d’usure des véhicules notamment en leasing ou en LOA/LDD
- Favoriser des véhicules peu techniques mais plus d’autonomie
Questions/réponses
Que peut-on dire sur l’aspect symbolique du VE ? Quelles conclusions peut-on tirer sur les freins du VE ?
Réponse : La représentation du VE pour les personnes interrogées est négative, surtout pour les personnes autonomes, capables d’entretenir leur véhicule elles-mêmes. Le VE représente une perte des pratiques sociales. L’effet d’âge joue également. Pour les retraités, la question ne se pose pas car ces personnes ne pensent plus rouler dans 15 ans. Cela, pourtant, ne veut pas dire qu’il n’y pas de préoccupation environnementale. Dans leur cas, le fait de garder un véhicule ancien est une façon de soucier de l’environnement.
Les personnes les moins rétives à l’idée d’un VE sont les femmes ou les personnes qui ne bricolent pas et profitent du système de réparation par les connaissances. Ces personnes se retrouvent contraintes très vites financièrement lorsqu’elles doivent acheter des véhicules plus récents. Dans ces cas, le VE se présente comme une forme d’émancipation de ces logiques genrées.
Quid des jeunes hommes ruraux ?
Certains voient l’électrique comme une opportunité professionnelle ou réinvestissent une culture un peu geek et jeux vidéo dans le véhicule électrique. Certains jeunes (en formation) développent du goût pour l’électrique. Il s’agit cependant d’une minorité.
Remarque-t-on des changements liés au renchérissement des prix des VO ?
Les personnes qui parviennent à bricoler leur véhicule n’ont pas de crédits à la consommation. Toutefois, les personnes en incapacité de bricoler leur véhicule (qui sont plus susceptibles de passer au leasing social) sont plus susceptibles d’avoir un crédit à la consommation.
La question du leasing social de 2024 à 100 € a -t-elle été abordée ?
La question a été abordée. Le profil de Juliette a les moyens de posséder un tel véhicule, mais elle refusera de posséder un véhicule neuf, en lien avec les canons de la respectabilité à Vessaye.
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